Journal de trading : mode d’emploi, de l’import Tradovate aux statistiques
Un journal de trading ne sert pas à compter ses gains. Il sert à voir ce qu’on répète sans s’en rendre compte. Voici comment fonctionne celui de Freedom Trading School, écran par écran, et comment en tirer quelque chose en cinq minutes par séance.
Pourquoi tenir un journal
De mémoire, on retient les trades marquants : le gros gain, la perte qui énerve. Les autres s’effacent, et ce sont souvent eux qui disent le plus. Le troisième trade d’une journée déjà perdante, l’entrée prise avant la confirmation, le stop remonté « juste un peu » : sur une semaine, ça ne se voit pas ; sur trois mois, ça se lit noir sur blanc.
Un journal ne rend pas une méthode rentable. Il montre ce que vous faites vraiment de la vôtre. C’est pour ça que celui-ci demande peu de saisie : les chiffres viennent de Tradovate, le contexte se calcule tout seul, et il ne reste à noter que ce qu’aucune plateforme ne sait, c’est-à-dire pourquoi vous avez pris le trade et comment vous l’avez géré.
Accéder au journal
Le journal est gratuit pour les abonnés de la newsletter. Laissez votre adresse sur la page du journal : si vous êtes déjà abonné, vous recevez un lien d’accès ; sinon, le mail de confirmation vous inscrit et ouvre le journal. Il n’y a pas de compte à créer ni de mot de passe.
Vos trades restent dans votre navigateur. Rien n’est envoyé sur nos serveurs : nous ne voyons ni vos résultats ni vos notes. La contrepartie est simple, et le journal vous le rappelle : pensez à exporter une sauvegarde de temps en temps, car vider les données de votre navigateur effacerait le journal.
À lire aussi : Ouvrir le journal de trading
Étape 1 : importer vos trades Tradovate
Dans Tradovate, ouvrez Account Reports, puis l’onglet Performance. Choisissez la période, et téléchargez le rapport en CSV avec l’icône de téléchargement. C’est ce fichier qu’on dépose dans le journal, tel quel.
Le rapport Performance découpe un trade pris ou soldé en plusieurs fois en plusieurs lignes. Le journal les regroupe pour retrouver le trade tel que vous l’avez vécu : une entrée moyenne, une sortie moyenne, un résultat. Et vous pouvez réimporter le même fichier, ou une période qui chevauche la précédente : un trade déjà présent n’est pas dupliqué, et ce que vous y avez ajouté est conservé.
Un seul réglage compte ici : le fuseau horaire des heures du fichier, celui de votre Tradovate. Le journal le lit pour tout convertir en heure de New York, l’heure de référence des killzones.
Étape 2 : la liste des trades
Les trades s’affichent par journée, avec le résultat du jour. Pour chacun : l’heure d’entrée à New York, l’instrument, le sens, le nombre de contrats, la session déduite de l’heure (killzone de Londres, killzone de New York, midi, après-midi…), le R quand un stop est saisi, et le résultat net de vos frais.
Deux signaux attirent l’œil. L’étiquette « à compléter » marque un trade sans setup ou sans stop : c’est la liste de ce qu’il reste à noter après la séance. Et une journée qui dépasse vos propres règles, une perte maximale ou un nombre maximal de trades, est signalée en rouge. Dans l’exemple ci-dessous, le 22 septembre compte trois trades pour une règle à deux.
Étape 3 : compléter un trade
Un clic sur un trade ouvre sa fiche. Le setup se choisit dans une liste (sweep, FVG, OTE, Silver Bullet, Unicorn, signal de l’indicateur…). Le stop prévu, en prix, suffit au journal pour calculer le R : ce que le trade a rapporté, rapporté au risque que vous aviez accepté. C’est la mesure qui permet de comparer un trade à 2 contrats et un trade à 8.
Ensuite vient ce qui fait vraiment progresser : l’état d’esprit, le plan respecté ou non, et les erreurs cochées, comme entrée trop tôt, stop déplacé, sortie trop tôt, taille trop grosse, hors plan ou overtrading. Une note libre, et des captures : collez une image avec ⌘V ou Ctrl+V, choisissez un fichier, ou ajoutez un lien de capture TradingView.
Étape 4 : lire les statistiques
L’onglet Statistiques résume la période : résultat net, nombre de trades, part de trades gagnants, profit factor, gain et perte moyens, R moyen et drawdown maximal, puis la courbe du compte.
Les tableaux sont plus utiles que les totaux. Par setup, vous voyez lesquels vous réussissez et lesquels vous coûtent. Par session, si vos trades de Londres ressemblent à ceux de New York. Par jour de la semaine, si un jour revient toujours dans le rouge. Et par erreur cochée, ce que chaque erreur vous a coûté en dollars, qui est souvent le chiffre le plus parlant du journal.
Une précaution : sur quelques dizaines de trades, ces chiffres bougent beaucoup d’une semaine à l’autre. Un setup à « 100 % » sur deux trades ne dit rien. Lisez-les comme un miroir de ce que vous faites, pas comme une prévision de ce que vous ferez.
Par setup, par session, par jour
Dans l’exemple, les deux trades classés « Autre » ont été pris par revanche, hors plan, et finissent tous deux perdants. Et le mardi est le seul jour de la semaine dans le rouge : c’est le jour des trois trades pour une règle à deux. Aucune plateforme ne l’aurait dit ; il fallait le noter.
Vos règles, vos frais, vos sauvegardes
Le rapport Performance de Tradovate donne un résultat brut, sans commissions. Indiquez vos frais aller-retour par contrat dans les réglages, et tout le journal passe en net. Vous pouvez aussi saisir des frais différents sur un trade précis.
Les réglages portent aussi vos règles du jour, la perte maximale et le nombre maximal de trades, que la liste compare à chaque journée. Enfin, l’export : une sauvegarde complète à restaurer sur un autre navigateur, et un CSV à ouvrir dans un tableur si vous voulez pousser l’analyse plus loin.
Une routine en cinq minutes
Après chaque séance : importez le rapport du jour, ouvrez les trades « à compléter », notez le setup, le stop, l’état d’esprit et les erreurs, et collez une capture. Cinq minutes, pas plus, tant que la séance est fraîche.
Une fois par semaine : l’onglet Statistiques, trois questions. Quel setup me coûte ? Quelle erreur revient ? Ai-je respecté mes règles du jour ? Une seule chose à corriger la semaine suivante suffit. C’est la même discipline que celle qu’on applique à un challenge de prop firm, et c’est elle qui fait durer un compte.
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