Le cinquième et dernier module de la méthode ICT assemble les quatre précédents en une seule lecture : un biais, une cible, une zone et une heure, puis une entrée avec son stop et son objectif. Appliqué à de vraies séances, perdantes comprises, et confronté à ce que le site a mesuré.
Étape 53
Le biais : dans quel sens ?
Les modules 7 à 10 ont donné les pièces ; celui-ci les assemble, dans l’ordre où on s’en sert avant une séance. Première question : acheter ou vendre ?
Une règle, sur le graphique de 1 h
Le biais se lit sur une unité de temps au-dessus de celle de l’entrée : ici le 1 h, pour entrer en 5 minutes. On y regarde la dernière cassure de structure (break of structure) (étapes 35 et 36) :
une clôture au-dessus du dernier swing high : biais haussier ;
une clôture sous le dernier swing low : biais baissier ;
aucune cassure depuis plus de 8 heures : pas de biais, donc pas de trade.
Fixé avant, valable tant qu’il tient
Le biais se décide avant la killzone de New York, à 8 h 30. Si une clôture 1 h casse dans l’autre sens avant l’entrée, il tombe, et la journée s’arrête là.
Ne pas avoir de biais est une réponse : le modèle ne trade pas tous les jours.
Ce qu’il donne
Un sens, pas une entrée. Il relie la structure au draw on liquidity de l’étape 43 : haussier, la cible se cherche au-dessus ; baissier, en dessous.
Le graphique montre la séance d’or qui sert d’exemple jusqu’à l’étape 56.
Bougie haussièreBougie baissière
Or (MGC), bougies de 1 heure, 18 et 19 février 2025. Le 18, le prix monte de 2 920,6 (5 h) à un swing high à 2 959 (20 h), puis redescend à un swing low à 2 942,3 (22 h). Le 19, la bougie de 3 h dépasse le plus haut de la veille mais clôture à 2 955,9, sous 2 959 ; celle de 4 h clôture à 2 962,6, au-dessus : c’est la dernière cassure de structure avant 8 h 30, vieille de 3 h 30. Biais haussier. À 7 h, le prix redescend à 2 948,8 sans clôturer sous 2 942,3 : le biais tient.
À retenirLe biais est le sens de la dernière cassure de structure (break of structure) en 1 h, fixé avant la séance. Sans cassure depuis 8 heures, pas de biais et pas de trade ; s’il se retourne avant l’entrée, on s’arrête.
Le biais donne un sens ; la cible dit jusqu’où aller. C’est le draw on liquidity de l’étape 43, choisi par une règle.
La liquidité intacte la plus proche
Avant la séance, on liste les niveaux du module 8 et on vérifie qu’ils sont encore intacts :
le plus haut et le plus bas de la veille, et ceux de la semaine passée ;
le range d’Asie (20 h-minuit) et l’ouverture de Londres (2 h-5 h) : leurs plus hauts et plus bas ;
les equal highs et equal lows des deux derniers jours.
La cible est le niveau intact le plus proche dans le sens du biais. Un niveau déjà dépassé n’attire plus.
Assez loin, pas trop loin
Au moment d’entrer (étape 56), elle doit se trouver à au moins 1,5 fois la distance entre l’entrée et le stop (1,5 R) : plus près, on vise le niveau suivant. Au-delà de 10 R, le niveau est trop loin pour une séance, et on ne prend pas le trade.
L’autre côté compte aussi
La liquidité opposée est souvent prise d’abord : c’est le Judas swing de l’étape 52. Pour un biais haussier, les plus bas proches sont l’endroit où guetter l’entrée.
Bougie haussièreBougie baissière
Or (MGC), bougies de 15 minutes, du 18 février à 20 h au 19 février à 8 h 30. Au-dessus du prix, le plus haut de la veille (2 956,5) et celui d’Asie (2 959) ont été dépassés pendant la nuit, à 3 h 15 et à 4 h 15 : ils n’attirent plus. Le plus haut de Londres, 2 964,1 (4 h 15), est intact : c’est la cible du biais haussier. En dessous restent le plus bas de Londres (2 946,9, à 2 h) et celui d’Asie (2 942,3, à 22 h) : la liquidité de l’autre côté.
À retenirLa cible est la liquidité intacte la plus proche dans le sens du biais, entre 1,5 et 10 R. La liquidité de l’autre côté dit où guetter l’entrée.
Le sens et la cible sont posés. Reste à savoir où et quand attendre l’entrée : le modèle ne la cherche ni n’importe où, ni à n’importe quelle heure.
La zone : en discount pour acheter
Le dealing range est la jambe 1 h qui a donné le biais, de son départ à son extrême (étape 44). Biais haussier : on n’achète que sous son milieu, en discount. Biais baissier : on ne vend qu’au-dessus, en premium.
Dans cette moitié, le déclencheur viendra d’une prise de liquidité (liquidity sweep) ou d’une zone du module 9 : un FVG, un order block, l’OTE.
L’heure : la killzone
On n’attend que pendant la killzone de New York, de 8 h 30 à 11 h (étape 50). Une entrée qui se présente à 13 h ne compte pas.
La séance commence souvent par un mouvement contre le biais, qui prend la liquidité de l’autre côté : le Judas swing de l’étape 52. C’est ce retour en discount qu’on attend.
Et si rien ne vient ?
À 11 h, sans entrée en discount, la journée est finie. Beaucoup de jours n’en donnent pas : c’est prévu.
Bougie haussièreBougie baissièreZone clé
Or (MGC), bougies de 15 minutes, du 18 février à 22 h au 19 février à 9 h 15. La jambe qui a donné le biais part de 2 942,3 (22 h) et monte jusqu’à 2 964,1 (4 h 15) : c’est le dealing range, et son milieu est à 2 953,2. Au-dessus, le premium ; en dessous, le discount, où l’on peut acheter. La killzone de New York ouvre à 8 h 30. À 8 h 45, le prix redescend à 2 949,3 : il est en discount, à l’heure, et c’est là qu’on attend le déclencheur.
À retenirOn achète en discount du dealing range (on vend en premium), et seulement pendant la killzone. Sans les deux, pas de trade.
Le sens, la cible, la zone et l’heure sont prêts. Il ne manque que le déclencheur, en 5 minutes : l’un des trois setups du moteur de la battle, dans le sens du biais.
Un balayage (sweep) : une bougie dépasse un plus bas (ou un plus haut) et clôture de retour (étape 41).
Une cassure de structure (break of structure) (BOS) en 5 minutes, par une bougie de déplacement (displacement) (étapes 35 et 37).
Un premier retour dans un FVG de 5 minutes, et une clôture qui en ressort dans son sens (étape 45).
L’entrée et le stop
On entre à la clôture de la bougie du setup. Le stop va là où l’idée devient fausse : un tick au-delà de la mèche du balayage (sweep), au-delà du swing d’où part le BOS, derrière le FVG.
Jamais plus près que la moitié d’une bougie de 5 minutes habituelle : plus près, le simple bruit du marché le touche.
L’objectif et la taille
L’objectif est la cible de l’étape 54. La distance du stop donne la taille de la position (étape 11) : la perte possible est connue avant d’entrer.
Ensuite, on ne touche à rien. Le trade finit au stop, à l’objectif ou à 16 h, et c’est le seul de la journée.
Bougie haussièreBougie baissière
Or (MGC), bougies de 5 minutes, 19 février 2025. À 9 h 25, une bougie descend à 2 946, sous le plus bas de Londres (2 946,9), et clôture à 2 950,3 : un balayage, en discount, dans la killzone, dans le sens du biais. Entrée à 2 950,3, stop un tick sous la mèche à 2 945,9 (4,4 points), objectif au plus haut de Londres, 2 964,1, à 3,1 R. Le prix monte jusqu’à 2 957,5 à 9 h 50, puis tourne en rond. À 10 h 55, une bougie descend à 2 941,4 : le stop est touché, −1 R.
À retenirOn entre à la clôture du setup, le stop là où l’idée devient fausse, l’objectif sur la liquidité visée. Le stop donne la taille : la perte possible est connue avant d’entrer.
Le modèle appliqué sans rien choisir : sur chaque marché, la première séance de février 2026 qui remplit toutes ses conditions, quel qu’en soit le résultat.
Pas à pas
Nasdaq (NQ), 10 février : biais haussier ; à 9 h 35, balayage (sweep) du swing low de 8 h 30, en discount ; objectif au plus haut de la veille, à 3,6 R.
6E, 5 février : biais baissier ; à 8 h 30, balayage (sweep) du plus haut de Londres, en premium ; objectif sur des equal lows, à 1,7 R.
Or (MGC), 2 février : biais baissier ; à 9 h, balayage (sweep) du swing high de 8 h 50, en premium ; objectif au plus bas de Londres, à 9,2 R.
Trois stops
Les trois touchent leur stop en vingt minutes au plus. Sur le Nasdaq et le 6E, le prix atteint ensuite l’objectif, après le stop. Ce n’est pas une raison de l’élargir (étape 10) : il était là où l’idée devenait fausse.
Le tableau ajoute la séance suivante de chaque marché : un stop, une sortie à 16 h sur un petit gain, et l’objectif atteint sur l’or, à 7,1 R.
Ce que disent six séances
Rien sur la valeur du modèle : sur si peu de trades, le hasard décide, et plus l’objectif est loin, moins il est atteint (étape 12). Elles montrent son application, perdants compris.
Séance
Biais
Déclencheur
Entrée · stop · objectif
Issue
NQ, 10 févr.
Haussier
Balayage, 9 h 35
25 327,25 · 25 299 · 25 428,75 (3,6 R)
Stop à 9 h 40 : −1 R
6E, 5 févr.
Baissier
Balayage, 8 h 30
1,18245 · 1,18355 · 1,1806 (1,7 R)
Stop à 8 h 50 : −1 R
Or, 2 févr.
Baissier
Balayage, 9 h
4 728,3 · 4 752,8 · 4 502 (9,2 R)
Stop à 9 h 05 : −1 R
NQ, 12 févr.
Haussier
Balayage, 9 h 45
25 251,5 · 25 226,25 · 25 465,25 (8,5 R)
Stop à 9 h 55 : −1 R
6E, 10 févr.
Baissier
BOS, 9 h 45
1,1929 · 1,19485 · 1,1829 (5,1 R)
Sortie à 16 h, à 1,1914 : +0,8 R
Or, 4 févr.
Baissier
Balayage, 8 h 55
5 077,4 · 5 087,4 · 5 006,7 (7,1 R)
Objectif à 9 h 35 : +7,1 R
Les trois premières lignes sont les graphiques ci-dessous ; les trois suivantes, la séance d’après sur chaque marché. Prix lus sur les bougies de 5 minutes ; 1 R = la distance entre l’entrée et le stop.
Nasdaq-100 (NQ), 10 février 20266E (future euro-dollar), 5 février 2026Or (MGC), 2 février 2026
À retenirAppliqué sans rien choisir, le modèle donne trois stops, puis, la séance suivante, un objectif atteint sur l’or. Six séances ne disent pas ce qu’il vaut : elles montrent comment il s’applique.
Ce qu’on a mesuré : pourquoi aucun setup n’est « à haute probabilité »
Le modèle de ce module est fait de pièces qui ont toutes été mesurées. Sur ce site, quatorze critères de qualité d’un setup ont été testés sur des milliers de trades de cette méthode ; le biais, le niveau balayé, la zone et l’heure en font partie.
Ce que la mesure dit
Aucun n’a séparé les bons setups des mauvais. Avec ou sans eux, tout retombe entre 48 et 50 % de trades gagnants à 1 R, c’est-à-dire avec un objectif aussi loin que le stop.
À 1 R, gagner une fois sur deux, c’est être à break-even (BE), avant les frais (étape 12). Un setup « à haute probabilité » ferait mieux : la mesure n’en a trouvé aucun, et une page qui en promet un contredit ces chiffres.
Ce que la méthode apporte quand même
Un cadre de lecture : une raison de regarder un endroit plutôt qu’un autre, et de ne rien faire le reste du temps.
Un stop qui a un sens : le prix où l’idée devient fausse, donc un risque connu avant d’entrer.
Une discipline : les mêmes règles chaque jour, un trade, puis on s’arrête.
Où se joue le résultat
Dans ce que le setup ne décide pas : la taille, la sortie, la répétition. C’est le sujet du dernier module, « Durer », qui commence par un plan de trading écrit (étape 59).
Pièce du modèle
Critère mesuré
Sépare les bons setups des mauvais ?
Le biais (étape 53)
Biais de l’unité de temps supérieure
Non
Le niveau balayé (étape 56)
Plus haut et plus bas de la veille, force du niveau
Non
La zone (étape 55)
Premium et discount, qualité du FVG
Non
L’heure (étape 55)
Session, killzones
Non
Ensemble
Quatorze critères, des milliers de trades
Entre 48 et 50 % de gagnants à 1 R
Sept des quatorze critères mesurés : ceux qui correspondent aux pièces de ce modèle. Avec ou sans chacun, le résultat ne bouge pas.
À retenirAucun critère mesuré ne rend un setup ICT « à haute probabilité » : tout retombe entre 48 et 50 % à 1 R. La méthode donne un cadre, un stop qui a un sens et une discipline ; le résultat se joue dans la taille, la sortie et la répétition.