Lire le prix : nommer les swing highs et les swing lows, dire si le marché monte, baisse ou hésite, tracer les niveaux qui comptent, assembler plusieurs unités de temps, tenir compte de la volatilité, puis décider — et voir ce que la méthode ICT ajoute à tout cela.
Étape 27
Swing highs et swing lows
Le module 2 vous a fait voir que le prix avance en escalier. Pour lire la tendance (étape 28) et les niveaux (étape 29), il faut d’abord nommer les marches.
Swing high et swing low
Un swing high est le haut d’une vague : une bougie dont le plus haut dépasse ceux de ses deux voisines, celle d’avant et celle d’après. Un swing low en est le bas : un plus bas sous ceux de ses deux voisines.
C’est la règle à trois bougies, celle du jeu de l’Arena. Un swing high n’est donc confirmé qu’à la clôture de la bougie suivante, qui peut encore le dépasser.
Comparer au précédent
Chaque swing se compare au précédent :
un higher high est un swing high plus haut que le précédent ;
un lower high, un swing high plus bas ;
un higher low, un swing low plus haut ;
un lower low, un swing low plus bas.
Garder les swings nets
La règle à trois bougies trouve aussi de simples hésitations. Pour lire la structure, on garde les swings nets : plus hauts (ou plus bas) que les deux bougies de chaque côté. Ci-dessous, elle en trouve dix ; six suffisent.
Un swing net en 5 minutes est souvent invisible en 1 heure (étape 30). Et c’est juste au-delà de ces points que la plupart des traders placent leur stop : c’est la liquidité, expliquée dans le lexique.
Bougie haussièreBougie baissière
Nasdaq-100 (NQ), bougies de 1 heure, 5 et 6 août 2025. Six swings nets : swing highs à 23 404,25 (5 août, 8 h), 23 252 (13 h) et 23 227 (6 août, 4 h) ; swing lows à 23 113,5 (5 août, 11 h), 23 045,5 (18 h) et 23 107,25 (6 août, 6 h). La règle à trois bougies en trouve quatre de plus, plus petits, qui ne sont pas marqués. Les swing highs baissent (deux lower highs), mais le dernier swing low est un higher low : l’étape suivante dit comment lire ce désaccord.
À retenirUn swing high dépasse ses deux voisines, un swing low passe sous les siennes, et aucun n’est confirmé avant la clôture de la bougie suivante. La structure se lit sur les swings nets, pas sur chaque hésitation.
Une tendance se lit sur quatre points : les deux derniers swing highs nets et les deux derniers swing lows nets, chacun comparé à celui d’avant.
Hausse, baisse ou ni l’une ni l’autre
un higher high et un higher low : la tendance est haussière ;
un lower high et un lower low : elle est baissière ;
ils se contredisent (un lower high et un higher low, ou l’inverse) : range ou hésitation.
La clôture qui confirme
La tendance continue tant que le prix casse sa structure dans le même sens. Dans une baisse, une clôture sous le dernier swing low net est une cassure de structure (break of structure) (BOS) : les vendeurs gardent la main.
Une mèche qui passe dessous sans y clôturer ne compte pas. Et une clôture au-dessus du dernier swing high net est le premier signe qu’il faut refaire la lecture.
Range et hésitation
Dans un range, le prix oscille entre un plafond et un plancher, et ses swings ne vont nulle part. Tant qu’aucune clôture n’en sort, il n’y a pas de tendance à suivre.
L’hésitation est l’entre-deux : plus de nouveau swing high, un swing low qui tient au-dessus du précédent, des bougies qui se chevauchent. La lecture d’avant n’est plus confirmée ; le plus prudent est de regarder sans trader.
Dites toujours sur quelle unité de temps vous lisez. Et acceptez « je ne sais pas » : c’est souvent la bonne réponse.
Dernier swing high
Dernier swing low
Lecture
Ce qu’on cherche
Higher high
Higher low
Hausse
Des achats
Lower high
Lower low
Baisse
Des ventes
Lower high
Higher low
Range ou hésitation
Rien : attendre une cassure
Higher high
Lower low
Range ou hésitation
Rien : attendre une cassure
La règle du jeu « La tendance » de l’Arena : deux swing highs et deux swing lows nets, puis une clôture pour confirmer.
Or (MGC), bougies de 4 heures, du 30 juin au 12 juillet 2022. La baisse : swing high à 1 826,7 (30 juin), swing low à 1 783,3 (1er juillet), lower high à 1 815,2 (3 juillet), lower low à 1 762,9 (5 juillet), lower high à 1 771,5, lower low à 1 730,9 (6 juillet). Le 5 juillet, la bougie de 8 h clôture à 1 768,4, sous le swing low de 1 783,3 : la cassure confirme la baisse. Du 6 au 12 juillet, le prix reste entre 1 720,5 et 1 751,5, et le 8 juillet une même bougie fait un higher high et un lower low : plus de tendance lisible, c’est un range.
À retenirDeux swing highs et deux swing lows suffisent : higher high et higher low, hausse ; lower high et lower low, baisse ; en désaccord, range ou hésitation. Une cassure se confirme par une clôture, jamais par une mèche.
Un support est un niveau sous le prix où il s’est déjà arrêté ; une résistance, un niveau au-dessus où il a buté. En pratique : un swing high ou un swing low net que le prix n’a pas dépassé depuis.
Trouver le niveau
Au-dessus du prix, le plus proche est la prochaine résistance ; en dessous, le prochain support : c’est la règle du jeu de l’Arena.
Un niveau est une zone, pas un trait : le prix bute un peu avant ou dépasse d’une mèche. Tracez-la entre ces réactions. Elle compte davantage :
si le prix y a réagi plusieurs fois ;
si tout le monde la regarde : plus haut et plus bas de la veille ou de la semaine, chiffres ronds.
La clôture décide
Une mèche qui traverse puis revient laisse le niveau intact : il est « testé ». Une clôture franche au-delà le casse, et il change souvent de rôle : la résistance franchie devient plancher, le support cassé plafond.
Ni promesse, ni signal
Un niveau dit où le prix a réagi, pas qu’il réagira encore : tous finissent par céder. En pleine baisse, un support est un endroit où regarder, pas où acheter : il se lit avec la tendance.
Qui achète sur un support place son stop juste dessous ; qui vend sous une résistance, juste au-dessus. D’où ces mèches qui dépassent avant que le prix reparte : la liquidité, au cœur de la méthode ICT.
Bougie haussièreBougie baissière
6E (future euro-dollar), bougies de 4 heures, du 8 au 21 octobre 2025. Du 8 au 15 octobre, le prix bute sous une zone de 1,16705 à 1,1690 : swing highs à 1,1689, 1,169, 1,1672, 1,16705 et 1,1671, sans une clôture au-dessus. Le 15 octobre à 20 h, une bougie clôture à 1,17005 : la résistance est cassée. Le 16 octobre, le prix revient sur la zone par le dessus (plus bas à 1,16815) et repart jusqu’à 1,17655 : l’ancienne résistance sert de support. Le 20 octobre à 20 h, une bougie clôture à 1,16695, sous la zone : le support cède à son tour.
À retenirUn support ou une résistance est un swing high ou un swing low que le prix n’a pas dépassé : une zone, pas un trait. Il tient tant qu’aucune bougie ne clôture au-delà, et une fois cassé, il change souvent de rôle.
Le module 2 l’a montré : un même marché raconte des histoires différentes selon l’unité de temps. On assemble ces unités toujours du haut vers le bas : l’unité haute donne le contexte, l’unité basse le détail.
Trois unités, trois questions
journalier ou 4 heures : dans quel sens va le marché, où sont les niveaux qui ont compté ?
1 heure : le prix revient-il vers une de ces zones, ou est-il au milieu de nulle part ?
15 ou 5 minutes : la structure tourne-t-elle sur la zone, où va le stop ?
Jamais l’inverse : une baisse en 5 minutes ne dit rien de la tendance journalière, qui, elle, dit ce que vaut cette baisse.
Le cas utile : le désaccord
Le journalier monte, le 1 heure baisse : ce n’est pas une contradiction, c’est un repli dans une hausse. Reste à savoir jusqu’où il va : la réponse est sur les zones de l’unité haute.
Avant qu’il atteigne une zone, rien à faire ; quand il y arrive, l’unité basse dit si le prix s’y arrête.
Commencer par le haut
Un swing low journalier résume des journées d’échanges, un swing low en 5 minutes quelques minutes : les niveaux de l’unité haute pèsent plus. Des unités basses, ne gardez que ce qui précise une zone déjà tracée.
Trois unités qui s’emboîtent suffisent. En empiler six, c’est toujours trouver une raison de faire ce qu’on voulait déjà faire.
Unité de temps
La question
Ce qu’on en garde
Journalier ou 4 h
Dans quel sens ? Quelles zones ?
La direction, les niveaux
1 heure
Le prix va-t-il vers une zone ?
Le scénario, ou rien
15 ou 5 min
La structure tourne-t-elle sur la zone ?
Le moment, le stop
Trois unités, trois questions, toujours du haut vers le bas.
Journalier1 heure
À retenirL’unité haute donne la direction et les zones, l’unité basse le moment. Un désaccord entre les deux est le plus souvent un repli : on attend qu’il arrive sur une zone de l’unité haute.
La volatilité, c’est l’amplitude des mouvements, et elle n’est jamais constante : un même marché peut faire 200 points un jour et 2 000 trois semaines plus tard. Les deux sont normaux, mais pas avec le même stop.
La mesurer
l’amplitude d’une bougie : son plus haut moins son plus bas ;
l’ATR (average true range) : la moyenne des amplitudes des 14 dernières bougies par défaut, en comptant l’écart avec la clôture précédente quand le prix ouvre plus haut ou plus bas.
Toutes les plateformes l’affichent. Il ne dit rien de la direction, seulement de combien le marché bouge en ce moment.
Elle vient par vagues : les jours calmes se suivent, les jours larges aussi, souvent lancés par une grande annonce (étape 25). Lisez l’ATR avant la séance.
Jours larges, jours calmes
Le stop va là où l’idée devient fausse (module 3). Un jour large, ce point est plus loin : un stop de 20 points quand le prix oscille de 100 points en quelques minutes est dans le bruit.
Le risque en argent ne change pas : un stop plus large impose donc une taille plus petite (étape 23), parfois nulle. Certains jours sont trop larges pour un petit compte : on les regarde.
À l’inverse, un jour très calme n’offre souvent pas assez de mouvement pour un objectif raisonnable. Ne rien trader ce jour-là n’est pas un échec : c’est la bonne lecture.
Mesure
Calcul
Ce qu’elle dit
Amplitude
Plus haut − plus bas
La taille d’une bougie
True range
L’amplitude, en comptant l’écart avec la clôture d’avant
La taille réelle du mouvement
ATR 14
Moyenne des 14 derniers vrais ranges
L’amplitude habituelle du moment
L’ATR ne dit rien de la direction : seulement de combien le marché bouge en ce moment.
Nasdaq-100 (NQ), bougies journalières, du 24 mars au 25 avril 2025. Du 24 mars au 1er avril, l’écart entre le plus haut et le plus bas de la journée est de 413,5 points en moyenne ; le 25 mars, il n’est que de 231,75 points. Du 3 au 11 avril, la moyenne passe à 1 442,4 points, et le 9 avril, la journée va de 16 735 à 19 386,75, soit 2 651,75 points. Le même marché, à deux semaines d’écart : le même stop ne peut pas convenir aux deux périodes.
À retenirLa volatilité change d’une semaine à l’autre, et vient par vagues. Le stop suit l’amplitude du moment, la taille suit le stop, et un jour trop large ou trop calme se regarde sans se trader.
Tout ce qui précède sert une seule décision, à chaque séance : entrer, ou ne rien faire. Elle se prend avec une liste, dans l’ordre, et la réponse par défaut est « non ».
Trois questions sur la lecture
une tendance lisible sur l’unité qui décide (en range, rien) ;
un prix posé sur une zone qui compte, de l’unité haute de préférence ;
une structure qui confirme sur l’unité basse, par une clôture, pas une impression.
Quatre questions sur le trade
le stop va là où l’idée devient fausse : sous le dernier swing low net à l’achat, au-dessus du dernier swing high net à la vente ;
l’objectif est le prochain niveau dans le sens du trade, à 1 R au moins : plus près que le stop, le trade risquerait plus qu’il ne vise ;
la taille, calculée depuis le stop (étape 23), dépasse zéro ;
aucune annonce (étape 25) ni journée hors norme (étape 31) ne tombe dans la fenêtre.
Si tout passe, le trade se prend tel quel, stop et objectif posés à l’envoi. Au premier « non », on n’entre pas, et on note pourquoi dans le journal.
Juger la décision, pas le résultat
Un trade bien construit peut perdre, un mal construit peut gagner. Sur dix trades, le hasard a le dernier mot ; sur un grand nombre, reste la façon de décider.
Le jeu « Décider » de l’Arena note cela, sans taux de réussite.
Question
Si la réponse est non
1. La tendance est lisible ?
Range ou hésitation : rien
2. Le prix est sur une zone ?
Attendre
3. La structure confirme, en clôture ?
Attendre
4. Le stop est au-delà du dernier swing high ou swing low ?
Pas de trade sans stop
5. L’objectif vaut au moins 1 R ?
Ne pas entrer
6. La taille dépasse zéro ?
Ne pas entrer
7. Pas d’annonce, pas de journée hors norme ?
Attendre
Sept questions, dans l’ordre. Une seule réponse « non » suffit à ne pas entrer.
À retenirLa réponse par défaut est non. Tendance, zone, confirmation, stop, objectif d’au moins 1 R, taille, calendrier : un trade passe les sept questions, ou ne se prend pas.
Ce module relève de l’analyse technique classique, et rien n’en disparaît avec la méthode ICT, qu’enseigne la suite du site : mêmes graphiques, mêmes notions, parfois sous d’autres noms.
Ce qu’ICT ajoute
L’analyse classique dit qu’un niveau a fait réagir le prix ; ICT demande pourquoi il y va.
Au-delà d’un swing high évident attendent les stops des vendeurs et les ordres d’achat de ceux qui guettent la cassure : c’est cette liquidité que le prix va chercher.
ICT y ajoute les zones laissées par les mouvements rapides (les FVG) et les heures où ils se produisent le plus (les killzones).
Le gain n’est pas d’avoir raison plus souvent, mais de savoir avant d’entrer où l’idée devient fausse : le stop « sous le support », placé à l’œil, devient un stop sous le swing low dont le balayage (sweep) a lancé le mouvement.
Ce qu’ICT ne promet pas
Un meilleur taux de réussite. Quatorze critères de qualité d’un setup ont été mesurés ici sur des milliers de trades (force du niveau, session, premium et discount, biais de l’unité haute…), et aucun n’a séparé les bons setups des mauvais.
Avec ou sans eux, le résultat à 1 R est resté le même : aucune page du site n’affiche donc de taux de réussite. Méfiez-vous de celles qui le font.
Question
Analyse classique
Lecture ICT
Dans quel sens ?
Swing highs et swing lows
Les mêmes, et leurs cassures
Où le prix réagira ?
Supports et résistances
La liquidité, les FVG
Quand ?
Rarement précisé
Les sessions et les killzones
Où ai-je tort ?
Sous le support, à l’œil
Au point qui invalide l’idée
Taux de réussite
Aucun de garanti
Aucun de garanti
Les mêmes questions ; ICT ajoute un « pourquoi » et un « quand », pas une garantie.
À retenirICT garde la tendance, les swings et les niveaux, et y ajoute une raison (la liquidité), des zones et des heures. Il aide à savoir où l’on a tort ; il ne fait pas gagner plus souvent.