Le dernier module ne parle plus du prix, mais de celui qui le trade : un plan écrit, les pièges de la tête, la gestion d’un trade ouvert, le journal, les tests, les prop firms, les impôts et la routine. Il range ce que le site a déjà, et renvoie chaque fois à la page qui détaille.
Étape 59
Votre plan de trading, écrit
Les modules 7 à 11 ont donné une méthode. Un plan de trading la réduit à des règles : ce que vous tradez, quand, comment, et quand vous arrêtez. Écrit avant la séance, il décide à votre place au moment où vous ne serez plus lucide.
Ce qu’il contient
Le marché et la fenêtre : un ou deux marchés, une killzone (module 10).
Le setup, en une phrase : le modèle du module 11, et ce qui l’invalide.
Le risque : un pourcentage fixe par trade, la taille tirée du stop (étape 23).
Les limites du jour : une perte maximale et un nombre maximal de trades.
La gestion : quand le stop bouge, où l’on sort (étape 61).
Une règle se vérifie
« Être patient » n’est pas une règle ; « pas d’entrée avant 9 h 30 » en est une. Chaque ligne doit pouvoir se cocher oui ou non après la séance, dans le journal. Un trade pris hors de ces lignes se note « hors plan », même s’il gagne.
Quand le changer
Jamais pendant la séance, jamais juste après une perte. Le plan se relit le week-end, journal ouvert, et une règle ne change qu’avec une raison écrite. Une règle modifiée chaque semaine n’a jamais été testée (étape 63).
Rubrique
Une règle vérifiable
Sur le site
Marché
« NQ ou 6E, de 9 h 30 à 11 h, heure de New York »
Killzones en direct
Setup
« Chasse aux stops sur un plus haut ou un plus bas de Londres, puis CISD »
Stratégies ICT
Risque
« 1 % du compte par trade, taille arrondie vers le bas »
Calculateur de position
Limites
« Deux pertes ou trois trades : fin de la séance »
Journal de trading (règles du jour)
Gestion
« Stop déplacé seulement sous un nouveau swing low, après un BOS »
Étape 61
Un exemple de plan, une ligne par rubrique. Les valeurs sont les vôtres ; chaque ligne doit pouvoir se cocher oui ou non.
À retenirUn plan de trading écrit tient en cinq rubriques : marché et fenêtre, setup, risque, limites du jour, gestion. Chaque règle se vérifie après coup, et ne se change qu’à froid.
L’étape 17 a nommé les erreurs qui vident les comptes. Les voici avec ce qui les déclenche et la règle qui les désamorce. Aucune ne se règle par la volonté pendant la séance : elles se règlent avant, par écrit.
Vouloir se refaire
Après une perte, le trade suivant arrive plus vite, plus gros, sur une lecture plus faible. La règle : une pause décidée d’avance après chaque perte, et la même taille qu’avant. Une perte de 1 R n’a pas à être rattrapée aujourd’hui.
La peur de rater
Le prix part sans vous, et vous entrez au milieu du mouvement. Le stop reste au même endroit, sous le swing low : il est donc plus loin, la taille plus petite, et l’objectif plus près. Un mouvement manqué ne coûte rien ; une entrée en retard coûte du R.
La série de pertes, la journée sans fin
Dix pertes d’affilée arrivent à tout le monde (étape 11). Changer de méthode au plus bas efface l’historique qui dirait si le problème est la méthode ou la série.
Après un gain comme après une perte, « encore un ». La limite du jour atteinte, la plateforme se ferme.
Dans le journal, cochez « Hors plan » ou « Overtrading » quand c’en était : le tableau par erreur dit ce que chacune a coûté.
Bougie haussièreBougie baissière
À retenirSe refaire, entrer en retard, changer de méthode au plus bas, ne pas arrêter sa journée : chaque piège a sa règle, écrite avant la séance. Pendant, on ne fait que l’appliquer.
Gérer un trade ouvert : break-even, sorties partielles, couper
Une fois en position, trois décisions restent possibles : déplacer le stop, sortir une partie, tout couper. Chacune s’écrit dans le plan avant l’entrée. Prise pendant le trade, elle paraît toujours raisonnable, et elle est souvent dictée par la peur de rendre un gain.
Le break-even
Remonter son stop au break-even (BE), le prix d’entrée, ne rend pas le trade gratuit : les frais restent, et un retour vers la zone d’entrée fait partie d’un mouvement normal. Les stops à BE s’empilent au même prix : de la liquidité (module 8).
La règle de l’article : le stop ne monte que sous un nouveau swing low, après une cassure de structure (break of structure) (BOS) dans le sens du trade.
Les sorties partielles
Sortir une partie sur la première liquidité garde un gain si le prix se retourne avant la suivante. Le prix à payer : la partie sortie ne fait pas le reste du chemin. Sur le graphique, elle coûte 0,5 R ; un jour de retournement, c’est elle qui garde le gain.
Couper avant le stop
Seulement pour une raison écrite : un changement de caractère (change of character) (CHoCH) contre vous, une annonce qui approche, la fin de votre fenêtre. Couper parce que « ça ne monte plus », c’est la sortie trop tôt que le journal fait cocher.
Bougie haussièreBougie baissière
Le 6E (future euro-dollar), bougies de 15 minutes, 31 janvier 2025. Le plus bas de Londres est à 1,0386 (4 h). À 10 h, une bougie descend à 1,0381 et clôture au-dessus, à 1,03915 : une chasse aux stops. Entrée à la clôture de 10 h 15, à 1,03965, stop sous la mèche à 1,03805 : 16 pips de risque. À 10 h 45, le prix passe 1,04165, le plus haut de 8 h 15 : la moitié sort à +1,25 R. À 11 h 30, une clôture à 1,0426 casse le plus haut de 10 h 45 (1,04215) : le stop monte sous le swing low de 11 h 15, à 1,04065. À 12 h, la bougie descend à 1,0409, 2,5 pips au-dessus du stop, et monte à 1,0455 : le plus haut de Londres (1,04335) est pris, le reste sort à +2,3 R. Au total +1,8 R, contre +2,3 R si tout était resté.
À retenirBreak-even, sortie partielle, sortie avant le stop : chaque décision s’écrit avant l’entrée et se prend sur un événement du graphique, jamais sur la peur de rendre un gain.
L’étape 16 a dit quoi noter. Celle-ci dit quoi lire, une fois les trades accumulés : les statistiques du journal du site, et ce qu’un petit échantillon ne dit pas.
Compter en R
Le résultat en dollars dépend de la taille ; le R le rapporte au risque accepté. Un trade à +2 R pèse autant à 2 contrats qu’à 8. Sans stop noté, pas de R : c’est la première case à remplir.
La part de trades gagnants, seule, ne dit rien : elle se lit avec le gain et la perte moyens (étape 12).
Les tableaux qui servent
Par setup : lequel vous rapporte, lequel vous coûte.
Par session : si vos trades de Londres ressemblent à ceux de New York.
Par jour de la semaine : un jour qui revient toujours dans le rouge.
Par erreur cochée : ce que chacune a coûté, souvent le chiffre le plus utile.
Ce qu’un échantillon ne dit pas
Sur deux trades, un setup à « 100 % » ne prouve rien ; sur vingt, une série de pertes non plus. Les chiffres décrivent ce que vous avez fait, pas ce que vous ferez. Une fois par semaine, une seule chose à corriger suffit.
Trade
Risque accepté
Résultat
En R
A, 2 contrats
100 $
+200 $
+2 R
B, 8 contrats
400 $
+400 $
+1 R
C, 8 contrats
400 $
−400 $
−1 R
En dollars, B rapporte deux fois plus que A ; en R, A vaut le double. Le R compare enfin des trades de tailles différentes.
À retenirLe journal se lit en R, par setup, par session et par erreur. Sur quelques dizaines de trades, il décrit ce que vous faites ; il ne prédit rien.
Avant de trader une règle avec de l’argent, on la teste sur le passé. Le danger n’est pas de ne pas tester : c’est un test qui ment sans qu’on le voie, parce qu’on connaît déjà la suite.
Deux façons de tester
Le backtest : appliquer la règle à toutes les séances d’une période, puis compter. Rapide, il teste la règle.
Le replay : rejouer une séance bougie par bougie sans voir la suite (étape 26), et décider comme en direct. Plus lent, il teste aussi vos décisions.
Ne pas se mentir
Écrire la règle avant d’ouvrir les graphiques, et ne plus la toucher pendant le test.
Prendre toutes les occurrences, perdantes comprises, pas celles qui « se voient bien ».
Compter les frais et le glissement.
Garder des séances de côté : une règle retouchée sur les mêmes graphiques finit par les décrire ; seules des séances jamais vues disent si elle tient.
Un test peut dire non
L’étape 58 l’a montré : quatorze critères de qualité, mesurés sur des milliers de trades, n’ont pas séparé les bons setups des mauvais. C’est un résultat, et il vaut mieux l’apprendre sur le passé qu’avec son compte.
Essai
Ce qu’il teste
Ce qu’il ne teste pas
Backtest
La règle, sur beaucoup de séances
Vos décisions, l’exécution
Replay
Vos décisions, sans connaître la suite
L’exécution, la pression
Démo
La mécanique des ordres
Le glissement réel, la peur
Réel, petite taille
Le tout, avec de vrais frais
Ce qu’une grosse taille fait à la tête
Du moins cher au plus cher : chaque essai teste ce que le précédent ne pouvait pas tester.
À retenirUne règle se teste écrite d’avance, sur toutes ses occurrences, frais compris, et sur des séances qu’on n’a pas regardées pour l’écrire. Un test qui dit non est un résultat.
Une prop firm vend une évaluation : un compte simulé, des règles, et si vous les tenez, un compte dit financé dont elle partage les gains (étape 22). Les règles changent d’une firme à l’autre et dans le temps ; le mécanisme se retrouve presque partout.
Les règles à lire avant de payer
L’objectif : un gain à atteindre, parfois en un nombre limité de séances.
La perte maximale : souvent un seuil qui suit le plus haut solde et ne redescend jamais.
La perte journalière, chez certaines, calculée sur le solde ou en temps réel.
La règle de constance : la meilleure journée ne doit pas peser plus qu’une part du gain total.
Le seuil qui suit
Il part de la taille du compte moins la perte maximale, et monte avec chaque nouveau plus haut. Ce que vous pouvez perdre n’est donc pas la taille du compte, mais la distance jusqu’au seuil : c’est sur elle que se calcule le risque par trade. Sur le tableau, revenu à 50 000 $, le compte n’a plus que 600 $ de marge.
Le premier retrait
Financé, le compte garde ses règles. Dans la carrière de l’Arena, le premier retrait vient après au moins cinq séances financées, quand le solde dépasse la taille de 4 % ; chez une firme, lisez ses propres conditions. La carrière simule tout ce parcours sur des séances passées, sans firme nommée.
Séance
Solde à la clôture
Plus haut
Seuil
Marge
Départ
50 000 $
50 000 $
48 000 $
2 000 $
1
50 800 $
50 800 $
48 800 $
2 000 $
2
50 300 $
50 800 $
48 800 $
1 500 $
3
51 400 $
51 400 $
49 400 $
2 000 $
4
50 000 $
51 400 $
49 400 $
600 $
Un compte simulé de 50 000 $ avec 2 000 $ de perte maximale, comme le 50K de la carrière de l’Arena. Le seuil se calcule ici sur les clôtures de séance.
À retenirLisez les règles d’une évaluation avant de payer, et dimensionnez sur la distance jusqu’au seuil : il monte avec vos gains et ne redescend pas.
Trader pour son propre compte est légal en France comme en Suisse. Ce qui change tout, c’est la façon dont l’administration qualifie vos gains, et elle ne se choisit pas. Deux articles du blog détaillent le cadre ; voici ce qu’il faut en garder.
Deux principes opposés
France : les gains sont imposés dès le premier euro, par défaut au prélèvement forfaitaire (flat tax). Futures, CFD et forex forment un compartiment à part, où une perte s’impute sur les gains de même nature, reportable dix ans.
Suisse : les gains en capital privés ne sont pas imposés, et les pertes ne se déduisent pas. Le portefeuille compte en revanche dans l’impôt sur la fortune.
La bascule
Dans les deux pays, un trading habituel, organisé comme celui d’un professionnel, peut être requalifié en revenu d’activité : imposé autrement, parfois soumis à cotisations, mais avec des frais déductibles. L’intraday coche par construction plusieurs des critères.
Trois réflexes
Un paiement de prop firm ressemble à une rémunération, pas à une plus-value : le capital n’est pas le vôtre.
Déclarez tous vos comptes, y compris chez un courtier étranger, chaque année, et gardez relevés, contrats et un registre de vos trades.
Posez la question à un expert-comptable ou à une fiduciaire avant, pas après : les règles changent, et votre cas dépend de votre situation.
Sujet
France
Suisse
Gains
Imposés dès le premier euro
Non imposés (fortune privée)
Pertes
Sur les gains de même nature, dix ans
Non déductibles
Trading « pro »
Bénéfices d’activité, frais déductibles
Revenu indépendant, AVS, pertes et frais déductibles
Prop firm
Plutôt une rémunération
Plutôt une rémunération
Souvent oublié
Déclarer les comptes à l’étranger
L’impôt sur la fortune
Le cadre décrit dans les deux articles du blog. Ni taux ni seuil ici : ils changent, et votre cas dépend de votre situation.
À retenirEn France, les gains sont imposés et les pertes s’imputent ; en Suisse, ni l’un ni l’autre pour la fortune privée. Dans les deux pays, un trading jugé professionnel change tout : posez la question à un professionnel avant.
Le dernier pas n’est pas une notion : c’est une journée de trading qui se déroule toujours de la même façon. Tout ce que les modules ont donné y trouve sa place, et le bureau du trader la réunit sur une page.
Avant
La check-list du bureau : votre état, les annonces du jour et leur heure, le biais en une phrase (étape 53), les niveaux marqués (module 8), le risque et la limite du jour, la fenêtre. Pas reposé : demi-taille, ou pas de séance.
Pendant
Des alertes sur les niveaux plutôt que les yeux rivés à l’écran. Le setup écrit, ou rien. Hors fenêtre, pas de trade ; la limite atteinte, la plateforme se ferme.
Après
Chaque jour, cinq minutes : importer les trades dans le journal, noter setup, stop, état et erreurs, coller une capture.
Chaque semaine : les statistiques, et une seule chose à corriger.
Entre deux séances : la battle du jour ou une séance de la carrière, pour garder l’œil.
La formation s’arrête ici. La suite, c’est la même routine, séance après séance, et le journal pour vérifier qu’on l’a tenue.
Moment
Ce qu’on fait
Sur le site
Avant
Check-list, niveaux, biais, risque du jour
Bureau du trader, killzones
Pendant
Alertes, le setup ou rien, la limite
Calculateur de position
Après
Import, setup, stop, erreurs, capture
Journal de trading
La semaine
Statistiques, une correction
Journal de trading
S’entraîner
Une séance passée, en replay
Battle, carrière
Une séance type, et la page du site qui sert à chaque moment.
À retenirAvant : la check-list du bureau. Pendant : le setup écrit, ou rien. Après : cinq minutes de journal. Répétée chaque jour, c’est la routine qui fait durer.